Dans l’espace, personne ne vous entend renifler

La brune a une bonne crève. Le genre de crève qui en plus d’être assez pénible pour elle, est surtout très pénible pour les gens autour.

Reniflage, toussage, éternuage et parfois les trois en même temps. Pour passer inaperçue, elles vont au ciné (sa crève et elle) pour voir un film de science-fiction bien bourrin avec tout plein de bruits autour qui vont pouvoir masquer ces gémissements plaintifs et son agonie rhumale.

Sauf si…

Sauf si le film en question, s’appelle Interstellar.


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Interstellar est le dernier film de Christopher Nolan, alias Mr Inception et Mr Dark Knight. Comme son nom l’indique, ce film ne parle pas de complots politiques, d’histoire d’amour et d’agriculture éco-responsable. Encore que.

La brune doit bien avouer qu’elle a loupé les 10 premières minutes du film car elle attendait que la châtain trouve une place pour garer sa châtain-mobile. Mais peu importe, sur les 2h49 que compte le film, elle a plutôt bien compris de quoi il retournait.

Visiblement, l’histoire se déroule dans un futur proche qui ressemble étrangement au monde tel qu’on le connait actuellement à ceci près que les avancées technologiques sont devenues un luxe que plus personne ne peut se payer. La NASA a mis la clé sous la porte et le nouveau domaine à la mode c’est l’agriculture. A force de polluer et de croître toujours plus vite, l’humanité est en train d’anéantir la Terre pour de bon. La fin étant prévu pour la génération suivante, il est temps de faire quelque chose pour sauver ce qui peut être sauvé.

Cooper (Matthew MacConaughey) est un agriculteur qui n’aime pas l’agriculture. Et pour cause, c’est un ancien pilote d’astronef. Le meilleur. Des meilleurs. (Par soucis de clarté, la brune va faire quelques raccourcis qui empêcheront de spoiler la suite). Bref, le candidat parfait pour le genre de mission désespérée qui va suivre.

Michael Caine ou Prof. Brand ou Prof. Miles ou Alfred explique à Cooper qu’un trou noir s’est formé (ou a été formé) il y a, à peu près, 50 ans. Ce trou noir permettrait de rejoindre des galaxies excessivement lointaines et possiblement de trouver des planètes plus accueillantes. Il y a 10 ans, 12 astronautes ont été envoyés sur 12 planètes différentes pour évaluer la possibilité de vivre sur l’une d’elles. Sans succès apparent.

A présent, ils décident de réitérer l’expérience mais d’envoyer un groupe d’astronautes-scientifiques sur trois planètes. En gros, celles qui ont les meilleurs de stats de vie humaine. Cooper décide d’y aller pour sauver les générations futures et notamment celle de ces enfants. Il part avec la fille du Prof. Brand (Anne Hathaway) et deux autres scientifiques, Doyle et Romilly (Wes Bentley et David Gyasi), ainsi que des robots nommés TARS et CASE à bord du vaisseau surpuissant, l’Endurance.

Ils partent pour un voyage d’une durée indéterminée, tellement indéterminée qu’ils vont vite prendre conscience que la relativité du temps est loin d’être une légende urbaine.

La brune aimerait en dire plus, tellement plus, mais elle a, elle-même, évité de justesse pleins de spoilers avant d’aller voir ce film. Elle n’en dira pas plus sur l’intrigue, et sur ce qui pousse Cooper a aller dans l’espace, et sur la question de la gravité et sur la question de la survie de l’humanité, et sur la question de la vie en dehors de la Terre et sur la question de…. « AAAAAAAAAHHHHHH mais qu’est ce que je fais » se dit la brune. Elle venait d’écrire « tu ne spoileras point » et elle était juste en train de faire la liste de spoils potentiels.

Ne prenez pas la brune pour un jambon. Elle ne vous dira rien. Sauf si vous lui demandez.

Bref, ce qui ressort de ces 3h de film est un sentiment indéfinissable dans les minutes qui suivent le générique de fin.

La brune a eu l’impression d’être passée dans une essoreuse à salade. Le mélange d’images grandioses, de musiques quasi-mystiques, d’intrigues complexes, d’action, de suspens et de messages subliminaux la laisse pantoise. Ceci dit, il est vrai que « ne comprend pas le Nolanien qui veut ». La brune se souvient encore du visionage d’Inception avec le grisonnant et la brune-mère (Inception – Critique de la brune)… Pourtant, Nolan n’est pas un gars compliqué mais un gars qui veut parler de choses compliquées. Après il y a deux écoles : soit on considère qu’au cinéma, on est là pour se détendre et voir ce que peu de télé offre, un spectacle à bas prix, sur écran géant, soit on essaie de réfléchir deux secondes à ce qu’on vient de voir.

Concernant ce film, la brune choisit de ne pas choisir et prend les deux options. Divertissement et réflexion.

La brune n’est pas astrophysicienne et n’est pas une fondue des mystères de l’univers. Cependant, il y a visiblement une incohérence dans ce film qui est l’incohérence préférée des cinéastes qui veulent voyager dans le temps : Le paradoxe temporel. Il n’y aura pas de dissertation pour éviter encore une fois de spoiler, mais résumons notre problème par une phrase simple : Qui de la spatio-poule ou du spatioeuf est arrivé en premier ?

« Personne ne vous entend crier dans l’espace » est une phrase mythique de la saga Alien. Et bizarrement, elle a pris tout son sens dans Interstellar. Jusque là tous les films qui se passent dans l’espace, étaient des films bruyants. Aucun silence. Toujours un bruit de machine ou une discussion en arrière-plan qui venait casser la magie. Interstellar offre de vrais moments de silence où l’on se dit qu’effectivement, tu pourrais chanter du « Black Sabbath » à t’en casser les cordes vocales, ça ne changerait rien au fait que « Personne ne peut vous entendre ». Le jeu des sonorités est vraiment impressionnant dans ce film car à plusieurs reprises, une séquence musique se lance, un suspens insoutenable avec, et tout d’un coup, une explosion qu’on imaginerait assourdissante sur Terre, se transforme en une action violente, lourde de conséquences mais muette. Vu de l’espace, tout est silencieux.

« L’histoire : check, le cas Nolan : check, le ressenti post-visionnage : check, le paradoxe : check… Que reste t il ? Juste les acteurs et le compositeur. Juste »

La brune trouve que Matthew McConaughey est de plus en plus intéressant au fur et à mesure de ses films. En début de carrière, des films faciles, bien payés et qui te propulse sur le devant de la scène (comprenez des films de filles ^^ : comment se faire larguer en 10 leçons; hanté par ses ex; un mariage trop parfait, etc etc) et puis, une fois le compte en banque plein, il s’est mis à choisir scrupuleusement les films pour lesquels il avait envie de jouer (La défence Lincoln, Le règne de feu, Mud, Dallas buyers club, etc). C’est vraiment un bon acteur et avait amplement mérité son oscar en 2013. Ce qui n’est pas le cas de tout le monde. Anne Hathaway par exemple. Selon la brune, Anne Hathaway dans l’espace, c’est un peu comme Sandra Bullock dans l’espace. Donc ça marche quand c’est Matthew McConaughey, l’acteur principal, mais sinon c’est pas jo-jo, pardon. Sinon Michael Caine est officiellement l’acteur fétiche de Nolan. C’est confirmé ! Mais dans le même temps qui peut lui en vouloir de le faire tourner dans un max de film ? C’est un acteur de génie.

La brune aime la musique. Elle écoute de la musique au réveil, en se brossant les dents, en se maquillant, en allant bosser, en bossant, en rentrant, en faisant à manger, en allant aux toilettes. Bref, tout ça pour dire que la musique c’est la vie, enfin c’est sa vie. Donc le brune est amoureuse de plusieurs compositeurs, mais Hans Zimmer a été, est et restera son préféré. « Oui, il a un peu le nom du méchant dans Die Hard, and so what ? On en reparlera quand Hans Gruber fera du violon. Nanmého ! » La musique de Hans Zimmer est reconnaissable entre mille et est différente pour chaque film. Elle transporte, elle fait rêver, elle est magique. Et dans ce film, elle est mystique.

Bref, ce fut un grand moment pour la brune. Elle a aimé au delà de ses espérances et va pouvoir aller voir le chevelu qui n’est autre que son frère et lui dire :

« Va voir Interstellar. C’est de la bonne. »


Trois heures, 228 reniflements, 4 petites toux et un éternuement plus tard, la brune sorti du cinéma, un peu hagarde, comme quelqu’un qui sort d’un rêve et ne sait pas où se situent les limites du réel et du rêve.

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Cette année, Alexandre Astier nous apprend à lever les yeux vers le ciel et Christopher Nolan à les garder ouverts  (ou bleus).

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Stamp your life !

La brune associe souvent sa manucure avec son état d’esprit. Des couleurs chaudes, un bien-être total, des couleurs fades ou froides, un petit moral.

Que dire d’un vernis noir ? Le noir n’étant pas une couleur, la brune se dit logiquement, que ce n’est pas bon signe. Une colère noire surement.

Heureusement, cela ne dure jamais longtemps, c’est pourquoi la brune ne peut se résoudre à laisser une manucure complètement noire. Elle aime y rajouter un stamping rempli d’espoir. Un stamping argenté, parfait sur ce noir d’encre.

Voyez plutôt :

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Du coup, une manucure très noire pour une humeur noire mais heureusement très vite masquée par une couche d’optimisme et de stamping !

Stamp your life !

Les p’tits torchons

« On en sort tout drôle, tout renversé. » Le Figaroscope –


La brune réfléchit quelques secondes à cette critique sans réellement savoir si cette phrase était positive ou négative.

En déplaçant sa souris de quelques centimètres, la brune s’aperçut que le Figaroscope avait noté 5 étoiles ce film. Plus d’ambiguïté possible, la critique est positive.

La brune est relativement d’accord : « On en sort tout drôle ». En revanche, le nombre d’étoile est une énigme pour elle.

« Essayons d’être objective » se dit la brune.

Les petits mouchoirs (Oui parce que c’est de ce film dont il est question) nous plonge dans l’univers d’un groupe de potes inséparables. Au tout début, Ludo est victime d’un accident de la route et est hospitalisé dans un état grave. Le reste du groupe de pote décide tout de même de partir en vacances ensemble en laissant leur ami entre les mains des médecins.

« Voilà voilà… ça c’est pour la partie objective. »

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Ludo (Jean Dujardin) est un pauv’ type, inconscient et junkie qui se paye un camion en sortant de boite. Ses meilleurs amis débarquent à l’hosto complètement paniqués à l’idée qu’il puisse mourir, puis décident assez logiquement de… partir en vacances sans lui pendant qu’il est « visiblement » entre la vie et la mort (Le mot « visiblement » est très important). Chouette idée les gars, de toute façon, au pire, il meurt ! Donc cette joyeuse bande de potos part en direction du bassin d’Arcachon pour trois semaines de repos et d’éclate. Pendant ces vacances, il y a des moments plages, des moments bouffes, des moments drôles et des moments engueulades. Des vacances à la plage avec des potes, quoi.

La brune n’a donc pas aimé ce film. Pour beaucoup de raisons. Beaucoup trop de raisons.

Premièrement et c’est un gros spoiler : comment Ludo peut mourir ? Autant au début du film, c’est chaud. il s’est fait renversé par un camion, on peut comprendre qu’il soit en bouillis à l’intérieur. Mais au fur et à mesure que le film avance et qu’on l’entraperçoit, on remarque qu’il va de mieux en mieux, mise à part sa figure qui ne s’arrange pas, il n’est plus branché, il a juste des bandages. Bref, finalement, il donne l’impression que tout va mieux. Et puis tout d’un coup, il meurt. BimBamBoum. GameOver. Si on y réfléchit bien, un peu à la manière de Marion Cotillard dans Batman ! ^^

Bref, deuxièmement, les personnages sont tous antipathiques. Qui aurait envie de partir en vacances 3 semaines avec eux ? Pire, qui aurait envie de partir en vacances puis de rester pote avec eux toute l’année qui suit ? Mais QUI ?

  • Max est un maniaque du contrôle, hyperactif. Il invite ses potes et surtout leur fait bien comprendre qu’il paye pour tout le monde, que ça lui coûte un bras mais qu’il le fait de bon cœur parce que quand même c’est un chouette copain. François Cluzet est très convaincant ceci dit !
  • Vincent (Benoit Magimel) est un ostéo-gay refoulé qui est tombé amoureux de max. Hyper-top-crédible.
  • Antoine (Laurent Lafitte) est le pire de la bande. Égoïste et immature. On a envie de lui foutre des tartes dès qu’il ouvre la bouche.
  • Marie (-on Cotillard) est une nana hyper perturbée qui visiblement a couché avec quasiment tous les mecs du groupe. Insupportable. Bon dans le même temps, il y a assez peu de films où la brune l’a trouve hyper bonne.
  • Eric (Gilles Lelouche), le poto qui ressemble le plus à Ludo. Instable, tricheur et pas fut-fut.
  • Véronique (Valérie Bonneton), la plus naturelle et la plus crédible et accessoirement la femme de Max.
  • Isabelle (Pascale Arbillot), la femme de Vincent. C’est sa seule fonction dans le film.

Comment font ils pour être amis ? Comment font ils ? Ils sont insupportables. Déjà séparément, c’est pas jo-jo, mais tous ensemble c’est n’importe quoi. Le seul qui est digne d’intérêt, c’est Jean-Louis, le local. Il a des réactions « normales » et n’hésite pas à aller voir son pote à l’hosto, alors qu’il est à plus de 600 bornes.

Je vois tout de même quelques points positifs :

Il y a deux ou trois scènes vraiment, vraiment drôles.

La musique est très sympa.

Dans un excès de lucidité, la brune comprend tout à coup pourquoi elle n’a pas aimé ce film. Ludo est un frère plus qu’un pote pour eux. Ils font tous partis de la même famille. Et il le laisse mourir seul. Comment on peut faire ça quand on aime quelqu’un si fort ?


« On en sort tout drôle, tout renversé, tout nauséeux. » Le Brune magasine.

Retour Nailesque

« Il est une légende qui dit que la Brune a des ongles extra-ordinaires.

Comme toute bonne légende, celle-ci a sa part d’ombre. En effet, la légende dit que la brune a des ongles magiques et que leur couleur est si belle que leur seule vision embellit votre vie. Mais personne n’aurait encore jamais vu la vraie couleur de ces ongles. »

Malheureusement, c’est loin d’être le cas. La brune a des ongles tout à fait ordinaire et leur couleur n’est ni belle ni laide. Mais évidemment, et comme beaucoup de jeune femme de son âge, ses ongles deviennent magiques et extra-ordinaires dès lors qu’elle les peinturlure selon la couleur de son choix.

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La brune a décidé cette fois d’assortir sa manucure avec ses « superbes » chaussons, laids mais chauds !

Ne sont-ils pas magnifiques ? ^^

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Bref, la brune est super classe en toute occasion.

Les Suites : Pour ou Contre ?

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« Les films qui ont 5 ou 6 suites, moi ça m’énerve. Comment étaler la confiture jusqu’au bout de la tartine ! Bah tiens, c’est un peu comme Retour vers le futur. »

La brune qui buvait son thé doucement pour éviter tout ébouillantage intempestif, failli s’étrangler avec sa gorgée.

« Pardon ? » dit la brune en maîtrisant sa langue en cours de cuisson.

« Bah oui, retour vers le futur… quel besoin avaient ils de faire deux suites ? Le deux était vraiment nul. Bon, le trois rattrape un peu mais globalement un film suffisait. »

La brune, sous le choc, n’eu pas beaucoup d’arguments, en dehors de : « Nanmého, tu ne peux pas dire ça, retire ce que tu viens de diiiiiiiiiiiiire. On ne touche pas à Retour vers le futur ! ».


« Les Suites, pour ou contre ? » Vous avez deux heures.

(Si seulement la brune avait eu ce sujet en philo…)

Les suites filmiques sont assez mal reçues en général. La brune se rappelle encore la discussion qu’elle a souvent avec le grisonnant (le père de la brune, suivez un peu !) à propos des Xmen. Il trouvait que l’histoire était super mais les suites de suites, les pré-quels de suites ainsi que la vie des grand-parents de Xmen commençaient à l’agacer sérieusement. Le grisonnant boycotte cette saga.

C’est donc assez étrange de se dire que cette même personne soit fan de Retour vers le futur, Rambo, Rocky ou encore Die Hard.

Ces sagas sont exactement du même tonneau que Xmen. Exactement ? Non, ce n’est pas la même génération. Ces sagas ont été conçues  dans les années 80-90. Epoque bénie du film d’action avec punchline comique et explosion à bas prix. A cette époque là, le grisonnant n’allait pas au ciné, et la brune encore moins (les enfants de 3 ans n’étaient pas forcément les bienvenus dans les salles obscures). Le fait est que le grisonnant et la brune ont regardé ces trilogies/saga ensemble quelques années plus tard à la Télé.

Les films d’une même saga sont indivisibles et forment une seule et même histoire. On peut statuer sur le fait qu’ils soient plus ou moins bien réalisés mais pas de leur légitimité. La brune prit un exemple débile pour illustrer son propos.

« La communauté de l’anneau, est vraiment un super film mais pourquoi faire deux autres films aussi long ? Nan franchement, Peter Jackson a étalé la confiture. »

Choquant isn’t it ? Mais pourquoi ? Parce que cette trilogie se base sur une oeuvre littéraire comprenant 3 livres. En gros, on ne peut pas critiquer le fait que 3 bouquins donnent 3 films. Car c’est une histoire en trois épisodes.

(On pourrait critiquer le fait de faire 3 films trèèès long à partir d’un tout petit bouquin mais ça, c’est une autre histoire)

Pourquoi ne pas accepter qu’une oeuvre qui se base sur une idée originale non littéraire ne peut être développée en plusieurs films ?

La série est le nouveau média à la mode ces dernières années. Facile d’accès avec une récurrence hebdomadaire, les séries font de nouveaux addicts tous les jours. Les séries débutent par une idée, une seule et peuvent durer plus de 10 saisons, donc 10 ans. La brune a du mal à comprendre comment on peut aimer les séries et ne pas aimer les suites de films.

NCIS est une série qui en est à sa 12ème saison, donc 12ème année de vie. Heureux hasard des choses, c’est la série préférée du grisonnant. Cette même personne qui déteste les suites, mais « suit » avec beaucoup d’assiduité les quelques 250 épisodes que compte NCIS. Chaque épisode est comme un nouveau film à part entière. Le meilleur exemple de cette hypothèse est la série Sherlock. Comme son nom l’indique, cette série raconte l’histoire des enquêtes de Sherlock Holmes mais de nos jours. Chaque épisode dure 1h30 soit, grosso modo le temps d’un film. Sachant qu’il y a 3 épisodes par saison et 4 saisons, cela fait 12 films sur le duo Sherlock-Watson.

Cela fait beaucoup de films, non ? Et pourtant, c’est également une série que le grisonnant affectionne particulièrement. Tout est une question d’étiquette. Est ce que si on s’amusait à dire que Xmen ou Retour vers le futur sont des séries, y aurait il moins d’avis négatifs sur les suites.

Bref, tout ça pour dire que les suites sont vos amies, il faut les aimer aussi.

PS : soit dit en passant, Retour vers le futur est une saga bien contruite, très drôle et emblématique de la fin des années 80-début 90. Leur vision du futur nous as transporté et nous espérions tous secrètement que notre futur se rapprocherait de celui de Hill Valley.

Qui est là ?

« Qui est là ? Il y a quelqu’un ? »
C’est d’ordinaire une phrase stupide prononcée par une brune qui se promène (seule) dans une maison hantée où la seule chose qui l’attend est une mort certaine.

« Si il y a quelqu’un, sachez que je suis armée, et pas seule du tout, ah ça non ! »
Deuxième tentative désespérée de la brune pour attirer encore plus l’attention de son prédateur. Ses démarches successives ont pour seul effet de permettre une géolocalisation parfaite pour son bourreau. Elle est armée de son Iphone jumelée avec l’application Torch qui lui permet de voir au moins à 50 cm devant elle.

La brune s’enfonce inexorablement dans la maison et au cours de sa visite, prends conscience que la maison est en bordel. Pas juste, mal rangée, c’est le bronx. Il y a des objets partout qui traînent et l’empêchent même d’avancer. Elle tombe ainsi sur un Oscar taille réelle avec son revêtement doré tout élimé. En s’approchant de la statue, elle remarque que cet Oscar est allongée dans une flaque de sang rouge framboise. Donc cette statue aurait pissé le sang ? « Bien sur ma fille, c’est la seule explication logique. Faut arrêter de respirer la farine, ça fait des grumeaux. » Puis tout d’un coup, tout s’éclaire, une bouteille de vernis de la même couleur que la flaque de sang, est renversé à côté de la statue. Cela n’est toujours pas très logique mais explique en partie la scène de crime cinématographique. 
Ceci dit, la brune ne comprend toujours rien à ce désastre. Elle incline son portable vers la droite et observe le carnage, des places de cinéma non utilisées jonchent le sol figées dans une énorme autre flaque de … « vernis ? », suppose t-elle. En effet, la flaque est turquoise, encore plus louche que le rouge-framboise. A sa gauche, des affiches cinés sont réduites en confettis, ça et là. On reconnait quelques têtes d’affiches.

« J’aurais jamais du écouter Braï-âne, c’est vraiment trop flippant ici. » Elle tourne les talons et se retrouve alors, nez à nez avec une affiche déchirée sur laquelle se trouve le Joker, l’adversaire légendaire de Batman. Une fois le choc passé, la brune se met à inspecter cette affiche. Quelque chose cloche. Mais quoi ? N’importe qui aurait trouvé bizarre qu’une affiche puisse léviter dans les airs sans autre forme d’explication, mais pas la brune, non. Ce n’est pas ça qui la choque. La vérité est ailleurs. Dans son souvenir, le joker est un personnage charismatique qui sort régulièrement des punchlines d’enfer qui résonnent encore quelques minutes après avoir été prononcées.
« Why so serious ? » ou encore « Let’s put a smile on that face ! » Bref, des trucs qui annoncent quelque chose de flippant.
Les phrases inscrites ici n’ont rien à voir cela. Elle peut y lire : « On rigole, on rigole, on voit pas le fond du bol », « Ouvert ou bleu, hein ? », « A un moment donné, les résultats, il faut qu’ils sortent ! » (bon d’accord, ça c’est flippant), « Porter le gilet, sauve le poulet », « ça pique, ça lance, derrière ça repique et ça relance trop d’la vie, quoi ! ». 
La brune continue de lire ces phrases sans vraiment comprendre. 

« Alors la moule, on est loin de la mer ? ». La brune pensant avoir parlé tout haut, s’étonne tout de même de cette voix gutturale sortie de nulle part. Elle cherche du regard la personne qui aurait pu prononcer cette phrase, mais n’aperçoit personne. Son regard tombe à nouveau sur l’affiche et comprend que le joker vient de s’adresser à elle. 
Après avoir pensé très fort, qu’elle devrait arrêter la picole de manière définitive, le personnage couché sur papier glacé s’adresse de nouveau à la brune. « Bah quoi ? Tu n’as jamais parlé avec un personnage de fiction joué par un acteur décédé ? 
« Euh bah non en fait ! Et comment tu m’as appelé ? »
« La moule ! C’est drôle, non ? Je te rassure c’est pas de moi. Je ne suis pas fait pour faire rire les gens mais j’entends cette phrase souvent en ce moment alors je la reprends. »
« Ok ok, c’est passionnant, mais quel est cet endroit ? J’ai reçu un papier avec écrit cette adresse URL, « souviens toi l’année dernière », donc je me suis pointée, mais rien à faire, je ne me souviens de rien. »
« Ouais c’est ce qu’on se disait » dit le Joker.
« Mais qui c’est « on » ?? »
« Patience, la Brune, tu vas comprendre. Je suis là pour t’aider à te rappeler, pour que tu arrêtes d’oublier. Suis moi. »
La brune ne comprend rien à ce qui lui arrive et pense vraiment qu’elle sombre dans la folie. Elle s’imagine rester bloquer dans cette demeure sinistre avec pour seul compagnon, un clown terrifiant et irréel.
La brune perd un peu patience et demande au clown : « Mais qu’est ce que je fais là ? »
« Ce n’est pas la bonne question. »
« Qui êtes vous ?
« Ce n’est pas la bonne question. »
« Comment vous vous êtes fait ces cicatrices au visage ? »
« Bah en fait, ça dépend, des fois je dis que c’est mon père qui m’a fait ça, des fois… euh merde, non : ce n’est pas la bonne question. »

La brune, ravit d’avoir piégé le clown, médite sur sa prochaine question en espérant que ce soit la bonne.

« Qu’est ce qu’il s’est passé ici ? »
« ça c’est la bonne question. »
Après plusieurs minutes de silence, la brune reprend : « Du coup, j’ai posé la bonne question et vous ne répondez toujours pas ? Bon bah, je vais pas vous déranger plus longtemps, vous devez surement avoir des tas de choses à faire, des gens à effrayer, une maison à ranger, toussa toussa. »

« Nan, mais c’était pour mettre du suspens. De la solennité. »
« Oui, bon, je suis suspendue à vos lèvres et je suis solennelle, parlez ou je me casse. »
« C’est chez toi. »
« Ouais ouais, je sais que je suis bordélique mais là ça frise l’insalubrité quand même. »
« C’est chez toi »
« Sans déconner, parlez où ça va mal se mettre ! »
Quelques secondes après avoir prononcé cette phrase, la pièce se mit à trembler et un poster presque intact sorti des décombres et s’approcha de la brune. Elle avait beau cligner des yeux à la vitesse de la lumière, ce qu’elle voyait la paralysait sur place. Le poster représentait Alexandre Astier en costume du Roi Arthur, emblème de la série Kaamelott. Sur ce poster, Arthur avait l’ai en pétard contre Perceval.
« Pour changer », pensa très fort la brune avec un début de rictus. 

« Souviens toi, c’est chez toi. » dit le Joker avec une voix désenchantée.

« Oui ? 
Vous avez l’air de penser qu’en restant mystérieux, je vais tout piger d’un coup, mais vous voyez bien que je rame, alors aidez moi ! « 

« Si je te dis Tom Highway, tu me dis ? »

« Facile, ‘Je vais t’arracher le chou et te chier dans le cou.’ Beaucoup trop facile. »

A l’instar, du poster de Kaamelott, un second poster sorti du bordel général qu’était ce salon. Sur cette affiche, on voyait très clairement Clint Eastwood en costume de Marines qui engueulait ses recrues. Tom Highway est le maître de guerre.

« Roooo la vache ! A chaque fois que je cite un film, Son affiche vient se planter devant moi. Truc de ouf ! »

« Est ce que tu commences à comprendre ? Jeune padawan amnésique. »
« Je sais, je sais ! Star Wars ! ‘Quand 800 ans comme moi tu auras, moins en forme tu seras !' »
Plusieurs posters, ainsi que des livres et des DVDs se mirent en marche vers la brune. Un livre (le retour du jedi) qui était à la traîne accéléra la cadence et se cogna contre le Joker.*

« Ouuutch, tu peux faire attention oui ? J’ai dit padawan comme ça, sans penser à star wars, comme j’aurais pu dire ‘petit scarabée’ et … »
« Ah oui petit scarabée, ça vient de karaté k.. »
« Ta gueule ! ça va, j’ai compris que tu avais compris. Mais est ce que tu as compris pourquoi chaque fois que tu cites une oeuvre, elle te revient en pleine face ? »
« Parce que je suis une super-héros qui s’ignore et qui va conquérir le monde, hein minus ? ‘ah ouais Cortex, tu as raison !' »
A la suite de cette phrase, la télé s’anima et le générique de Minus et Cortex se mit en route.
« Ouaaaah, j’suis vraiment trop balèze ! »
« Hey la Brune, tu veux pas arrêter de parler en citation 2 min ? C’est sérieux, ce que je te dis là ! Donc non, tu n’es pas une super-héros. Au risque de me répéter : TU ES CHEZ TOI ! »
« … »
« Tout ce qui est ici est à toi et tu l’as entreposé ici, en attendant… »
« En attendant quoi ? »
« Ceci est une question intéressante. Cela fait un an et demi que tu n’as pas foutu les pieds ici. Cela fait un an et demi qu’elle a pris le contrôle de cette maison. »
« Mais qui ? »
« ELLE ! »

Le joker tourna les yeux vers un coin encore plus sombre de la maison où une créature était tapie dans l’ombre. 
« Qui est là ? » demanda la brune. Comme quoi, c’est vraiment sa phrase préférée.

« La loi c’est moi, et l’ordre. Personne ne rentre, personne ne sort » dit une voix féminine qui ne lui était pas inconnue.
« Pourquoi avez-vous transformé cette maison en champ de batailles de passion ? »
« Pour ton bien, Tu ne devais pas te déconcentrer de ton objectif. JAMAIS. POUR RIEN AU MONDE. Tu sais pourquoi tu as fait ça. » dit le voix féminine. 
La créature s’avança dans la lumière. La brune eut un cri d’effroi en reconnaissant cette chose. C’était une sorte de livre à taille humaine avec une couverture verte. Ce manuscrit de 200 pages avait fait la loi pendant 18 mois dans cette baraque et le pire c’est que cette chose était signée de sa main.

La brune se souvient de tout ; la thèse beaucoup trop prenante, ses passions délaissées pendant si longtemps et cette maison abandonnée. Pendant ce temps, la Thèse avanca, menaçante vers la brune.

La brune émit un cri déchirant : STOOOOOOOOP ! C’est fini, tu es rendue et soutenue, tu retournes sur mon bureau et tu arrêtes de faire la loi ici. Mes passions ont le droit de s’exprimer tout autant que toi, bitch !

Derrière, la brune, le Joker versa une larme et lança, dans un rictus machiavélique : « Let’s put a smile on that face ! AHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHA »


« Aaaaaaaaaaaaaaahhhhh !
Roo la vache c’était juste un rêve ? C’était si réel pourtant. » La brune ensommeillée, assise dans son lit, réfléchit à ce qu’elle avait fait de ses blogs. Rapide coup d’œil : 18 mois d’inactivité.

La brune se promit de remédier à cela et de reprendre l’écriture sur tout ce qui l’intéresse : le ciné bien sur. Mais aussi, les livres, la musique, le nail-art et pleins d’autres choses qui lui tiennent à cœur.

Ne plus oublier ce que l’on aime et qui l’on aime.
Jamais.

A très vite pour de nouvelles aventures avec la Brune…