Epouvant’Art

« Quand faut y aller, faut y aller » pensa la Brune pour se rassurer. Elle se trouvait dans une pièce éclairée avec des spots, déversant une lumière aveuglante mais très irrégulière. Certaines zones de la pièce étaient plongées dans l’obscurité la plus totale. Enfin certaines… une seule, en réalité. Un des spots était éteint. Une chaise était disposée sous ce spot défectueux. Une forme humanoïde, plutôt féminine était accroupie sur cette chaise. « Une position très inconfortable » se dit alors la Brune. Cette forme était en train de graver quelque chose sur la chaise à l’aide d’un…

« de ses ongles ? Charmant… »

On se serait cru dans une salle réservée aux thérapies de groupe. Des chaises étaient disposées en cercle et les participants arrivaient au compte goutte. Une fois l’assemblée au complet, la Brune évalua les différents participants qu’elle avait sous les yeux. Droit devant elle, se trouvait la forme humanoïde qui sévissait dans l’obscurité, sur le côté droit, elle aperçu un clown aux couleurs criardes qui tenait un ballon de baudruche ; sur le côté gauche, une jeune fille au teint verdâtre qui faisait le pont, comme une gymnaste, mais sans jamais changer de position. Juste à la gauche de la Brune, se trouvait un Alien noir avec une dentition inquiétante et qui bavait sérieusement. Et à sa droite, un homme portait un masque des plus handicapant. Il prenait la moitié du visage en partant du nez jusqu’au menton. Au niveau de la bouche, cela ressemblait à une sorte de grillage, certainement, très dérangeant pour se nourrir. Tous ces monstres devisaient gaiement jusqu’à que la Brune fasse silence.

« Hum Hum, votre attention s’il vous plaît ! Premièrement, je vous remercie d’être venus aujourd’hui pour notre réunion annuelle. Je vois que nous sommes plus nombreux que l’année dernière. Avant que le petit nouveau ou la petite nouvelle prenne la parole… »

Cette hésitation eu pour effet d’attirer l’attention de la chose accroupie sur la chaise. Une voix rocailleuse et lourde dit alors : « NOUVELLE… NOUVELLEUUUUH »

La Brune légèrement effrayée reprit : « Euh très bien, donc avant que la petite nouvelle prenne la parole, je propose que nous fassions un tour de table et que chacun se présente. Commençons par ceux à ma gauche». L’Alien regarda la Brune avec un soupçon d’incompréhension.

« Ah oui, j’oubliais ! Il parle pas cui-là ! Bon je te présente alors. Voici Alien ou Ali pour les intimes. Comme vous avez pu le remarquer, il ne parle pas beaucoup, c’est certainement dû à la deuxième mâchoire qui est à l’intérieur de la première. Montre-leur Ali ! »

L’Alien s’avança au milieu du cercle et ouvrit lentement la gueule. Au bout de quelques instants, une seconde mâchoire identique à la première mais plus petite, en sortit.

« Donc la seule chose qu’il ait jamais dite c’est… » La brune se tourna alors vers l’Alien « et là je préfère te laisser le dire sinon tu vas encore t’énerver »

« RRRRRIIIIIIIPLEEEEEEYYYYYYYY ! »

« Voilà, Ripley ! Bref, je dirais que, Ali est avec nous depuis quelque chose comme 20 ans, à une vache près. Il fait un peu parti des meubles quoi. »

« Ripley ? »

« Non, Ali, je ne dis pas ça d’un air blasé. Je dis juste qu’on se connaît depuis longtemps. C’est pas grave de dire ça. Ali est avec nous parce qu’il est physiquement hors norme, donc impressionnant, mais il ne ferait pas de mal à une mouche. »

« RIPLEY !!! »

« Ali, arrête de bouder comme une vieille dinde, est ce que c’est ma fautesi tu es choupi ? Je n’ai jamais eu peur de toi. Ton potentiel effrayant est uniquement dû à ton physique de monstre. Dans la saga Alien, l’histoire est incroyable et effrayante mais tellement surréaliste (à mes yeux) que ça ne m’a jamais vraiment effrayé. C’était haletant, parfois stressant mais jamais effrayant. Désolée Ali ! »

Le xénomorphe répondit tristement : « Ripley… »

« Bien, avançons dans notre tour de table, Regan c’est à toi ! »

En entendant son prénom, la jeune fille au teint verdâtre qui était encore en train de faire le pont,  eut un mouvement de tête très rapide et très atypique. En une seconde, elle s’assit sur sa chaise et tourna sa tête à 360 degrés. Elle s’arrêta au niveau de la Brune.

« Quoiiiii ? »

« Présente toi Regan ! Et dépêche toi, on n’a pas la nuit, non plus. »

Avec la voix de Jeanne Moreau, la petite fille se présenta : « je m’appelle Regan, j’ai 12 ans et je suis possédée par le démon Pazuzu et ma mère suce des bites en enfer ! MOUHAHAHAHHHA »

Suite à ce rire démoniaque, Regan cracha une substance verte à ses pieds.

« Super la vanne ! Par contre, change de disque parce qu’on l’a déjà entendu celle là, non ? Bref, Regan est une de mes plus grandes peurs. L’Exorciste a toujours piqué ma curiosité. Étant non croyante, la possession par un être démoniaque devrait être indolore et pourtant les différents symptômes de la possession de Regan m’ont toujours effrayés. Les bruits au grenier, le lit qui bouge, les portes qui claquent ou sa voix de petite fille qui se transforme. L’histoire de Regan s’inscrit dans un contexte bien réel. Les Etats-Unis des années 70. Toute cette réalité fait que son histoire m’a toujours effrayée. Tu rajoutes à cela, une musique angoissante et Hop, tu obtiens mes cauchemars d’adolescente. J’ai vu ce film en 2002 ou 2003 quand ils l’ont ressorti au cinéma, remastérisé. Un film qui m’a terrorisé en salle m’obligeant donc à fermer les yeux pendant la moitié du film… »

« Chouette idée ! MOUHAHAHAHHAH » dit Regan qui se remit à faire le pont, donnant des angles fort peu normaux au niveau des bras et des jambes. La Brune détourna le regard : plus encore que sa voix glaçante, c’était cette image d’être désarticulé qui l’effrayait. L’Alien posa une patte délicate dans le dos de la Brune.

« Ripley » dit il tendrement.

« Merci Ali ! Tu es choupi. Bien, on passe à ma droite maintenant. »

La Brune se tourna vers l’homme au masque. Ses yeux, très inquiétant, dégageaient une douce lueur de folie et de détermination. « Euh peut-être que ce masque t’en empêche ? Tu veux que je m’en char… »

L’homme au masque coupa la parole de la Brune, « Je m’appelle Hannibal Lecter. Docteur Lecter. Je trouve que ce titre a une saveur tout à fait délectable, n’est il pas ? »

Hannibal jeta un œil à toute l’assemblée. Personne ne sembla réagir, excepté la Brune qui regarda, soudainement ailleurs et Ali qui cacha ses yeux derrière ses pattes avant.

« Je suis ici parce que selon la rumeur, je suis un dangereux sociopathe. Mais suis-je vraiment si effrayant ? »

« Alors, si je puis me permettre : OUI ! Vous êtes parfaitement effrayant, froid manipulateur, quasi démoniaque. C’est impressionnant de vous voir discuter avec l’agent Starling. On a l’impression que c’est votre comportement qui est normal et celui des autres qui est anormal…

Hannibal lui coupa la parole : « Mais c’est le cas, très chère mademoiselle ! »

« NON, manger ses amis n’est pas normal !

« Ca dépend du point de vue. »

« Ripley !!!! »

« Ali a raison, manger ses congénères, c’est grave. Lui au moins, il a la décence de manger une autre espèce. »

« J’aimerais vraiment poursuivre cette conversation des plus intéressantes mais j’ai un vieil ami pour le dîner ». Hannibal fit un mouvement pour se lever quand l’Alien se mit en colère. « Ripley ! Ripleyyyyyyyy ! »

« Bien, j’accède à ta requête jeune xenomorphe mais ne traînons pas, j’ai grand faim ! »

« Euuurk ! Passons à… ». La Brune balaya la salle du regard et s’arrêta sur le clown. Tout son courage s’envola en un quart de seconde à la seule vue de ce personnage. Une sensation de peur primale glissa le long de sa colonne vertébrale. « Grippe-sou » dit-elle dans un souffle. La bouche démesurément grande du clown s’étira dans un sourire horrifique qui découvrit sa dentition de prédateur. Chaque dent était taillée en pointe, un peu comme si Grippe-Sou avait une bouche composée uniquement de canines.

« Bonjour les enfants ! Comment ça va aujourd’hui ? Vous voulez venir jouer avec moi en bas ? On va flotter comme ce ballon, ils flottent tous en bas. ILS FLOTTENT ! »

« NOOOOOOONNNN »

La Brune ne s’aperçut pas tout de suite que c’était elle qui avait crié, cependant, tout le monde la regardait. « Je veux dire, continuez… je vous en prie» dit la Brune blanche de peur.

«Petite maline, bien sur que je vais continuer, on va bien s’amuser ! Comment pourrais je décrire mon activité ? Et bien très humblement, je mange des enfants tous les 25 ans et puis je me rendors !»

Le Dr Lecter paru outré de cette déclaration. «Quoiiii ??? Donc Mr Clownie mange des gosses et on m’engueule quand je mange des adultes ? C’est intolérable !»

«Premièrement, personne n’a dit qu’il avait le droit de le faire. Deuxièmement, c’est pas un concours de la dégueulasserie ! Parce qu’à ce compte là, vous êtes tous sur la première marche du podium.»

«Ripley ?» dit l’Alien

«Non pas toi ! Pardon Ali, je m’emporte !»

«Humhum» intervint Grippe-Sou, «c’est surtout que je ne suis pas humain, du coup, je ne mange pas mes congénères. Et puis, je me nourris de leurs peurs, en premier lieu. Je joue avec l’idée qu’à cet âge là, les enfants croient à tout, y compris la magie et le surnaturel. Et puis quel enfant se méfierait d’un clown tout mimi avec un ballon ?»

«Euh pardon encore, mais moi ! Quand j’vous ai vu pour la première fois, j’étais assez petite. Enfin, j’avais pas 5 ans non plus. Mais déjà petite, j’vous trouvais hyper louche. A vous pointer quand les parents n’étaient pas là, à vous cacher derrière le linge qui sèche ou dans les bouches d’égouts… FLIPPANT ! Et puis, il suffisait d’entendre votre voix de clown malsain pour me faire stresser. A cause de vous, je ne supporte plus de voir des clowns. J’en ai une peur bleue.»

«Tu n’as pas envie de flotter avec moi en bas ?»

«RIPLEYYY !» Ali s’était mis debout et avançait vers Ça d’un air menaçant.

«Calme toi Ali, Il ne le fera pas. Il fait son intéressant pour me faire peur !» La brune fit une pause, puis reprit : «Le truc c’est que je fais souvent les mêmes cauchemars. Par exemple, il y en a toujours un, avec Regan.»

La petite fille interrompit alors la Brune : «Chouette, vas te faire enculeeeeer»

«Merci Regan. Mais également, un rêve récurrent avec Ça. Il me poursuit en essayant de me bouffer. Il se transforme à volonté en ce qu’il veut. Puis tout à coup, me propose de venir flotter en bas avec lui et il retrouve alors sa forme de clown de l’horreur, toutes canines sorties avec un rire démoniaque au son trafiqué. Mais à la fin, il ne finit jamais par me bouffer. C’est ça le plus fou ! Il y a toute l’ambiance creepy-glauque du film et je suis persuadée que je vais crever mais en fait non.»

«Je te fais peur ma poupée ?»

Grippe-Sou sortit ses belles dents affûtées et fonça sur la Brune d’un air menaçant, griffes sorties. La Brune tenta de rester de marbre et réfléchis à la meilleure façon de s’en sortir. Une seconde plus tard, Grippe-Sou s’arrêta net : ses canines menaçantes avaient disparu, les griffes aussi. Il ouvrit la bouche pour parler mais aucun son n’en sortit. La dentition, enfin le dentier de Ça, était à terre. Ali et La Brune éclatèrent de rire.

«Voilà, c’est ça ma solution pour faire face à mes peurs. Les ridiculiser. Je n’ai rien inventé, hein. C’est en lisant Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban que m’est venue cette idée. Dans ce livre, ils apprennent à vaincre leurs peurs en dédramatisant. Le meilleur moyen étant de ridiculiser sa peur. Ce qui me fait le plus peur chez Ça, c’est sa voix inhumaine, ses mains de monstres et ses dents pointues prêtes à déchirer de la chaire fraiche. En dépossédant Ça de ses attributs effrayants, je me débarrasse de ma peur. J’ai presque toujours réussi à faire ça.»

La Brune jeta de nouveau un coup d’oeil à l’assemblée monstrueuse. L’atmosphère angoissante avait laissé place à quelque chose de plus léger. Le Dr Lecter avait à coeur d’aider tous les monstres mais semblait lui même préoccupé par autre chose : «J’espère qu’à midi, il y aura de l’agneau. Je ne peux manger que ça. Et je n’aime que ça.»

Pendant que Grippe-Sou tentait d’attratper son dentier, ce qui sans mains relève du défi, un vrombissement se fit sentir. Court mais intense. Regan dit : «Wouuuuh, ça tremble !» Sauf que sa voix était redevenue celle d’une enfant de 10 ans, son teint n’était plus vert et son cou avait perdu en flexibilité. Regan était très colère, mais sa colère fit éclater de rire la Brune. Ali, fidèle à lui même, n’était pas le moins du monde effrayant. De plus, ses dents semblaient avoir légèrement changé, elles ressemblaient à de vulgaire dents de lait. Très plates.

Un second tremblement se fit sentir dans la salle, ce qui eut pour conséquence d’attirer l’attention de tous le monde. Après quelques secondes de réflexion, un troisième tremblement apparu et la Brune comprit tout de suite ce qu’il se passait.

«Comme je vous le disais, je réussis presque toujours à gérer mes peurs par le ridicule.

Avant que cette session ne se termine, laissons la dernière venue se présenter»

«Diannaaaaaaaaaaaaa»

Ali émit un petit cri plaintif : «Ripley…»

Nouveau tremblement.

«Bonjour Diana, donc toi tu n’apparais que dans le noir ? »

«OUIIIIIIII» Répondit Diana de sa voix rocailleuse pendant qu’elle continuait de graver quelque chose sur sa chaise à l’aide des ses griffes acérées…

«Ok, donc voix flippante et visiblement mains flippantes» Plusieurs spots s’éteignirent ce qui commençaient à être relativement angoissant. L’obscurité et Diana avançaient inexorablement vers la Brune. Elle prit alors son courage à deux mains, ferma ses yeux et…

Diana apparut à la lumière du jour coiffée de deux nattes à la Fifi Brindacier. Ses griffes avaient disparus et elle portait des lunettes de soleil. Elle s’indigna : «mais pourquoiiii ?» même sa voix s’étaient adoucie.

«Parce que tu es quand même moins flippante comme ça.»

Les tremblements commençaient à se rapprocher…

Par curiosité, la Brune jeta un oeil sur la chaise de Diana et découvrit ces quelques mots gravés ‘Regarde derrière toi’.

La Brune, qui avait comprit depuis longtemps ce qui allait se passer, ne se retourna mais ferma les yeux…

Quand elle les rouvrit, le vent lui fouettait le visage. Elle était en mouvement et elle allait très vite mais pas assez. Elle avait quitté la thérapie de groupe et se trouvait à l’arrière d’une jeep décapotable en pleine forêt tropicale. Sa jambe la faisait souffrir mais moins que la peur de mourir qu’elle ressentait en ce moment. Les tremblements s’étaient intensifiés. Le conducteur de la jeep ne cessait de regarder dans son rétro central. La Brune réalisa que leur assaillant gagnait du terrain.

Un tyrannosaure les poursuivait. Il se rapprocha de plus en plus, de la Brune… ouvrit grand sa gueule et…

NOOOOOOOOOOON

… la referma sur la Brune.


La respiration haletante, la Brune se releva, d’un seul coup dans son lit. Le seul personnage qu’elle n’arrivait pas à ridiculiser c’était REX. Le même cauchemar depuis 20 ans.

«Et pourtant… il est si ridicule avec ses pattes microscopiques. Mais il l’est beaucoup moins avec sa gueule grande comme un entrepôt, pleine de canines…

Bref, les mystères de l’effroi sont impénétrables»

peur-enfant

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Hope

« Rebellions are built on Hope »

La Brune émergea d’un sommeil sans rêve, dur et comateux. A chaque mouvement de tête, elle se demandait si son cerveau ne s’était pas détaché tant il cognait contre les parois de sa boite crânienne. Un rapide coup d’œil dans le miroir confirma ses doutes, le mal de crâne, les yeux bouffis, la bouche pâteuse, les carottes dans les cheveux, la Brune allait subir les affres de la gueule de bois. Elle tenta de se remémorer la soirée de la veille mais…

« Rebellions are built on Hope »

La Brune se figea en un instant. La surprise de cette voix dans sa chambre finit de la réveiller. Mais était-elle bien dans sa chambre ? « Il fait froid, le sol est froid, pas de doute, je suis chez moi. Sauf que… Sauf que le sol est en métal et non en bois. Ok pas de panique, je ne suis pas chez moi, je ne me souviens pas de la soirée, y’a vraiment pas de quoi paniquer. »

« Rebellions are built on Hope »

Le dernier mot résonna dans la pièce pendant de longues secondes quand une porte s’ouvrit, permettant ainsi d’amener un peu de lumière dans cet endroit sombre.

« Qui êtes vous ? C’est vous qu’on entend répéter la mêm… »

« Rebellions are built on Hope » serina le personne qui venait d’avancer dans la pièce.

« Ouais, du coup c’est vous quoi. »

Après quelques instants où la Brune refaisait la mise au point, son regard se posa sur l’inconnue qu’elle avait devant elle. Un soulagement l’envahit et elle se détendit d’un coup.

« Aaaaah mais c’est vous ? Vous êtes la princesse Leia ? AAAAAh mais ça va beaucoup mieux. Moi qui pensais avoir été kidnappée, j’me rends compte qu’en fait, j’ai juste tourné la carte. Tout ça c’est dans ma tête ! OUF ! »

La princesse Leia, de plus en plus déconcertée, prit la parole : « je ne vois pas en quoi c’est rassurant ? Tu parles à un personnage fictif dont l’interprète est décédée il y a un mois »

« Oui mais justement, ce n’est pas la première fois que ça m’arrive. La dernière fois, je discutais avec le Joker de Batman, joué par Heath Ledger, alors je commence à avoir l’habitude. »

« Ok, donc ça ne te pose aucun problème de vivre dans une dimension parallèle et de parler à tes amis imaginaires ? »

« Sans vouloir me justifier outre mesure, je ne suis pas la seule dans ce cas là. Tous les gens qui ont vu Rogue One sont comme moi. »

La princesse Leia médita quelques instants sur ces paroles et enchaina : « J’aimerai savoir ce que tu as pensé de Rogue One. »

La Brune admira la princesse en se demandant où elle voulait en venir. Ce personnage mythique était là devant elle, habillé d’une sorte de blouse blanche, arborant ces fameux macarons et elle attendait d’elle une analyse cinématographique.

« Euh ok, mais après vous m’expliquez ce que je fais là ? »

« Rebellions are built on Hope »

« Nan, sans rire, c’est carrément répétitif là. »

La Brune commença alors son monologue : « Rogue One : a Star Wars story est l’épisode 3,5 de la saga StarWars. C’est à dire qu’il se situe entre la vieille saga qui est l’histoire la plus récente et la moderne saga qui est l’histoire la plus ancienne. »

Leia dit alors « C’est vrai que ça n’a jamais été simple cette histoire, parce que Georges a toujours été… »

La Brune lui coupa la parole : « C’est moi qui raconte ou c’est vous ? Bien. Le scénario de cette histoire est plutôt simple mais essentiel, il raconte l’histoire d’un groupe de Rebelles qui part à la recherche des plans de l’Etoile Noire pour pouvoir la détruire et sauver la galaxie. Ce film suit donc les pérégrinations de ce petit groupe de rebelles prêts à mettre leur vie en péril pour récupérer ces plans ainsi que leurs homologues de l’empire qui font tout pour empêcher leur plan d’aboutir. »

« Ca ne nous dit pas si tu as aimé ? Pour l’instant c’est un résumé plutôt froid de la situation. »

La Brune s’agaçait de plus en plus du comportement de Leia.

« Je sais, mais avant de pouvoir se lâcher, il faut poser les bases.

Cet opus est un spin-off parce qu’il se regarde seul et n’appartient à aucune saga.

Dire que j’ai aimé serait tellement en dessous de la vérité, que je ne peux pas laisser faire ça. J’ai adoré et j’ai une véritable vénération pour Gareth Edwards. Je le considère comme le Nolan de StarWars. Quand les trois Batman de Nolan sont sortis, ils ont créé la surprise tant ils étaient réalistes et noirs. Ils en étaient même flippant (surtout le deux, avec le Joker) tellement ils ‘faisaient vrais’. Nolan a transfiguré Batman pour le rendre réaliste. Edwards a fait exactement pareil avec StarWars. Il l’a rendu réel et accessible. Les effets spéciaux sont terriblement bien fait, beaucoup moins de numériques que dans la saga ‘préquel’, bref un rendu analogique qui claque et qui accentue le côté réel. Un bel effet spécial se doit d’être subtil, ce qui n’est pas tout le temps le cas dans Rogue One, mais les différentes planètes et populations font ‘vraies ». Les personnages principaux, Jyn et Cassian sont vrais également, ils sont torturés, passionnés et humains putain ! »

« Je t’en prie, pas de vulgarité, jeune fille. »

La Brune interloquée par cette intervention jeta un œil gêné à la Princesse. Sans savoir pourquoi, l’apparence de la Princesse semblait avoir changé, ces macarons avaient laissé place à une coupe courte et des cheveux blancs et raides. Leia rompit le silence : « bon bah, on va pas se regarder en chien de faïence toute la nuit, non ? »

« Euh, non non, je continue.

Les personnages secondaires bien que, plus clichés que les principaux sont tout à fait à leur place. Malgré le fait que l’issue de cette aventure soit connue, on accroche très rapidement et on est emporté par ces personnages. La dernière moitié du film est juste un chef d’œuvre d’action qui ravit les afficionados de StarWars ainsi que les néophytes. J’ai eu un coup de cœur pour le personnage de Cassian Andor, joué par Diego Luna. Je ne connaissais pas cet acteur et je rectifie le tir dès à présent. Ce type est un acteur à suivre de toute urgence. Grâce à StarWars et Gareth Edwards, il a notamment permis de faire passer un personnage hispanique au premier plan en évitant tous les clichés du genre. Dans un pays où le président souhaite construire un mur entre lui et le Mexique, Diego Luna lui répond que la diversité est la richesse des États-Unis. Je rajouterai que la diversité est la richesse de ce Rogue One.

Bref, cessons les digressions : Ce film est juste trop bien ! »

« Si c’est trop c’est que c’est négatif, non ? Il faudrait en enlever ? »

La Brune resta bouche-bée devant Leia, puis reprit un peu de contenance :

« Bien sur que non, tout est parfait, il ne faut rien enlever. Qu’est ce que c’est que ces réflexions de vieux ? Bref, passons à la musique. J’ai vu plusieurs critiques de Rogue One qui parlait de l’absence totale d’originalité de la bande originale… Pardon, mais ces gens là, ont de la merde dans les oreilles ! »

« Mange ! »

« Pardon ?»

« Oui, quand j’entends ‘merde’, je dis ‘mange’ ! Ca te choque ? »

« Non mais la seule personne que j’ai entendu dire ça, c’est… »

Leia lui coupa de nouveau la parole : « donc la musique ? »

« Oui oui, euh… La musique est formidable dans ce film. Le thème est légèrement différent de l’original de StarWars et c’est normal puisque ce film ne rentre dans aucune case. Je salue bien bas, le travail conjoint de Michael Giacchino et d’Alexandre Desplat qui ont réussi à créer un thème si proche de l’original et si différent qu’on le reconnait immédiatement.

Première musique à écouter : Trust goes both ways

https://www.youtube.com/watch?v=DaEJU2wqvZQ

Les trailers sont dotés des meilleurs musiques. Ces thèmes sont juste originaux et fantastiques.

Bref, cette musique ne me quitte pas depuis que j’ai vu le film au ciné. Elle est belle et elle m’emporte automatiquement dans des galaxies lointaines, très lointaines, alors même que je me trouve sur la ligne 6 du métro à Denfert-Rochereau. Le thème de ce film est l’espoir qui est grandement bien incarnée par la musique plus que par les faits. Ce film est résolument épique mais tragique alors que la musique nous transporte dans une dimension parallèle où l’espoir règne en maitre. C’est ce que je trouve le plus fort dans Rogue One, tout ce que l’on voit est tragique mais on garde espoir ? Comment ? Grâce à vous ! »

« Ah, c’est mon tour, alors ? », Leia se releva avec mal de son siège et claudiqua jusqu’à l’autre bout de la pièce. La brune ne se rappelait pas avoir vu Leia boiter jusqu’ici. La princesse trouva un fauteuil noir anthracite et s’installa confortablement dedans. Qu’est ce que tu penses de moi ? »

La Brune ne réfléchit pas bien longtemps avant de dire : « ce que je pense de vous ? Vous êtes une guerrière, vous êtes la première femme forte que j’ai vue au cinéma. Vous n’êtes pas une demoiselle en détresse. Vous êtes l’espoir. Le combat. Vous êtes mon héroïne. Quand je vous ai vu à la fin de Rogue One, j’ai pleuré. Parce que j’ai vu le film quelques jours après votre décès et que vous incarnez tout ce que j’aimerai être. »

La brune leva les yeux vers le fauteuil. Leia n’était plus là. La Brune ne se trouvait d’ailleurs plus dans la chambre d’un vaisseau rebelle mais dans une petite maison, en Bretagne.

« Mamie ? »

« Qu’est ce que tu penses de moi, ma poule ? »

« Ce que je pense de toi ? Tu es une guerrière, Avec maman, tu es la première femme forte que j’ai rencontrée. Tu n’as jamais été une demoiselle en détresse. Tu étais l’espoir. Le combat. Tu es mon héroïne. Quand je t’ai vu en Bretagne, j’ai pleuré. Parce que la dernière fois que je t’ai vu, tu étais partie et que tu incarnes tout ce que j’aimerai être. »

« Tu sais que je ne suis qu’une projection de ton cerveau, ma chérie ? »

« Oui je sais et je me rends compte que je t’ai inconsciemment liée à la princesse Leia. Je sais que tu ne sais pas qui c’est, parce que tu étais hermétique à toute chose parlant anglais. Mais c’est ton homologue de l’espace. Forte, belle, intelligente. Carrie Fisher va me manquer, mais toi tu m’as fait un trou dans le cœur quand tu es partie. »

« Nan ma poule, c’est loin du cœur. »


La Brune s’éveilla douloureusement ce matin là. Vaqua à ses occupations. Quand elle eu quelques minutes de répit, elle songea sérieusement à appeler sa mamie pour lui raconter sa vie. Une seconde plus tard, elle réalisa qu’elle ne pouvait pas et qu’elle ne pourrait plus le faire.

La Brune eut un léger rictus amer : « C’est loin du cœur ? Nan, c’est pile dedans et ça fait putain de mal ! »

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Carrie Fisher          21/10/56 – 27/12/16

mamiiie

Suzanne Le Bot     12/12/26 – 01/12/16

The 8ful movie

Dans une salle qui ressemble étrangement à un amphitheatre, un homme prend la parole devant 300 personnes :

  • Qu’est ce que l’ennui ? Vous avez 2h48 pour répondre à cette question.
  • Sachez jeunes gens que l’on peut définir l’ennui comme ceci : Lassitude due à un manque d’intérêt ou à une activité monotone.

L’assistance poussa un soupir mêlant exaspération, consternation et flemme, quand quelqu’une leva la main.

  • L’ennui serait, peut être, de passer 2h48 à faire une dissert’ de philo alors qu’on n’est pas là…

Le « Prof » lui coupa violemment la parole :

  • NON, la Brune, trop facile
  • Et puis pourquoi 2h48 ? C’est vrai quoi, c’est un peu étrange comme créneau horaire, non ?
  • Il est vrai que c’est très pointu comme timing, mais c’est voulu. Il est scientifiquement prouvé que 15 min suffisent pour perdre le peu d’intérêt que l’on peut avoir pour une activité. Mais le véritable ennui, le seul, l’unique, LUI, met 2h48 à s’installer.
  • Ok, vous avez besoin de ressentir les choses, de ressentir cet ennui qui donne l’impression de vous fossiliser sur place, l’envie de compter ses cheveux, puis de les décompter, l’envie de vous ouvrir les veines avec ces même cheveux.
  • Euh…
  • Vous l’aurez voulu. Jeunes gens, je vais vous montrer l’essence de l’ennui. Tout est regroupé en un seul film : The hateful eight. Ou les 8 salopards.
  • Naaaaaan, vous allez nous montrer le dernier film de Quentin Tarantino ? Super !
  • Pauvres fous… Vous n’êtes visiblement pas prêt, mais qu’importe, un bon électrochoc vous fera le plus grand bien.

Le prof de Philo lança le film sur un écran démesurément grand pour un amphithéatre, sorti de la pièce et les enferma à clé. Sur un ton assez mélodramatique, il dit à la cantonade : «j’espère qu’un jour vous me pardonnerez !»

La Brune comprit qu’un piège venait de se refermer sur elle et sur ses comparses.


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Chapitre Un : L’attente

Quand un film est attendu, on est tout excité, on est jouasse, on a envie de voir le scenario se dérouler sous nos yeux. Et même parfois, il nous arrive de nous dire après coup, « C’était tellement bien, j’avais juste envie que le temps s’arrête pour en profiter plus longtemps !».

Et puis parfois, on n’a rien demandé à personne et le temps s’arrête. Et tu as la désagréable impression que le temps ne redémarrera plus jamais.

« Oh merde, c’est juste le générique. » Et oui, après quelques 5 min de générique fort longues, heureusement soutenues par Ennio Morricone, tout ce qu’on voit c’est un Jésus en bois crucifié et recouvert de neige. La caméra dé-zoome très lentement et on aperçoit une diligence qui cavale. Le seul attrait de ce générique a été de voir défiler sur l’écran le casting impressionnant, agrémenté d’une musique parfaite.

Après ce générique mitigé, la Brune commence à avoir de sombres pensées. « Si tout le film est comme ça, on est pas sorti du sable ». La Brune n’est pas du genre à lâcher le morceau, elle laisse sa chance au produit, enfin bref, elle attend qu’il se passe quelque chose.

«Et puis, mince, c’est quand même Quentin Tarantino, on ne risque pas de s’ennuyer !»

Chapitre deux : la Désillusion

La diligence s’arrête parce qu’un homme lui barre le passage avec ses 3 cadavres congelés. A partir de là, s’en suit, quelque chose comme, 4 heures de dialogues stériles entre divers personnages, deux chasseurs de primes, une prisonnière et un vrai/faux shérif et tout ça, dans la diligence. Premier huis clos de cet huis clos. A force d’attendre quelque chose qui ne viendra pas, la déception s’empare de la Brune. Ou plutôt la désillusion. « Ouais c’est ça, j’me sens désillusionnée. Est ce qu’il va enfin se passer quelque chose qui mérite le déplacement ? ».

Si on veut résumer les 4 premières heures de ce film : une diligence avance, tombe sur un gars qui veut partager la diligence. Négociation pendant un temps anormalement long (sauf si ça se passe à la CPAM, mais vu le décor, la Brune a tendance à penser que non). Le mec entre dans la diligence. Discute de tout et de rien, mais surtout de rien. Un autre type veut monter dans la diligence. Négociation pendant un deuxième temps anormalement long (Nan mais sans déconner, c’est la sortie annuelle des employés de la CPAM ce truc ?). Le type monte et discute. De rien. ENCORE UNE FOIS.

Chapitre trois : L’emprisonnement

A partir du moment où le deuxième gars rentre dans la diligence et ouvre sa bouche, un sentiment de panique s’empare de la Brune. Cette scène en plus d’être répétitive, fait mal aux oreilles. Le Vrai/Faux Shérif a une voix à se crever les tympans avec un tisonnier.

Bref, c’est à ce moment là que la Brune commence à ressentir une sorte de claustrophobie. Enfermée à clé avec 300 personnes devant un supplice pareil. C’est pire que la prison.

Chapitre quatre : Tiens-quel-est-mon-planning-pour-demain- ?-Oh-merde-le film-n’est-pas-fini.

Nos chers amis, rattrapés par le blizzard sont obligés de s’arrêter dans un relais-étape intitulé : La mercerie. C’est à ce moment que le huis clos commence réellement. Une petite dizaine de personnes (ouais 8, d’accord) se retrouvent dans la mercerie et là : PATATRA. Ah non rien, pardon c’était trop tôt.

Tout le monde discute, s’apprivoise, se pique ses pistolets, se regarde avec des regards de tueurs tout en disant « ze vais voir ma maman pour les fêtes parce que si on ne voit pas sa famille dans ces moments là, quand le fait on ? ».

Bref tout le monde fait ce qu’il y a dans le script au détriment de la crédibilité du personnage.

Tout cela dure au moins 2h et là PATATRA, un mec clamse.

Quoi deux ?

Ah ouais deux mecs clamsent.

Chapitre 5 : Huis-Cluedo.

A partir de là, l’envie de quitter cet endroit est plus forte que tout. La Brune zieute les gens autour d’elle. La Châtain qui est à sa gauche se met à bouger. Elle attrape son sac et tente d’accéder à son téléphone. Va t-elle tous nous délivrer ? Va t-elle appeler des secours ? Nan, elle essaie de voir si notre calvaire touche à sa fin. Mais en vain. Le type assis à côté d’elle, roupille.

Ce qui est dommage, pense la Brune, c’est que cette partie est nettement plus intéressante mais que le périple des 8 dernières heures gâche ce moment. Il faut déterminer qui est qui, qui est avec qui et surtout qui est le meurtrier ?

C’est donc cette partie du film qui relève le niveau mais n’est il pas trop tard ?

Après 8 heures d’ennui, les 48 dernières minutes permettent de se raccrocher un peu à la vie et de reprendre espoir.

Chapitre final : Aaaah d’accord, tout ça pour ça.

Ayéééééé, on sait qui sont ces protagonistes, pourquoi ils sont là, pourquoi ils ont fait ce qu’ils ont fait. Bref, on a le scénario en main.

Mais putain, elle est vraiment bien cette histoire. Donc POURQUOI ? Pourquoi avoir buté le chef monteur avant le début du film et décidé de le tourner en un plan séquence de 3h ?

C’est incroyable, par moment, la Brune avait l’impression de voir une émission en direct, et pendant laquelle, il y eut beaucoup de problèmes. Du coup, les présentateurs étaient obligés de combler les trous avec des discussions qui tournent en rond. Ce moment où le téléspectateur zappe. Sauf que là, on était bloqués avec Michel Drucker déguisé en Kurt Russel, Harry Roselmack en Samuel L Jackson, Laurence Ferrari qui s’en prend plein la tronche en tant que Jennifer Jason Leigh, etc…

Epilogue 

Il existe une sorte de malédiction cinématographique que l’on pourrait résumer par «Quand ça veut pas, ça veut pas !»

Prenons un exemple simple : Don Quichotte. L’adaptation cinématographique de Don Quichotte par Terry Gilliam a tourné au désastre : des problèmes très en amont du tournage puis pendant le tournage : acteurs absents ou blessés, décors naturels dévastés  par des tempêtes, décors en studio inutilisables. Ces problèmes sont si important que le tournage est arrêté.

Dans le cas des«8 salopards», les signes du destin ne sont pas aussi extrêmes mais tout de même assez évocateurs. Son script a fuité début 2014, ce que l’on pourrait traduire par : «Lisez moi ça ! Si vous trouvez que ça c’est chiant, attendez voir la tête du film !». Cet évènement, au lieu de dissuader Quentin Tarantino de réaliser le film, l’a poussé à aller plus loin dans l’écriture pour finalement sortir le film…

«Nan franchement c’est pas bien. Faut arrêter de dire ou faire des choses quand le destin se ligue contre toi. Quand tu fais ça, Quentin, ça me fout une angoisse. J’pourrais te tuer je crois. De tristesse, hein ?» Pensa la Brune.

Alors oui, les acteurs sont bons, très bons même. Il y a des scènes épiques comme d’hab’. La musique est à se damner. Mais est ce que le jeu en vaut la chandelle ?


Une fois, les lumières rallumées, la Brune et la Châtain se regardèrent, s’étirèrent et se dirent : C’était long non ?

« Et où est passé le mec bizarre qui voulait nous faire faire une dissert’ de philo en plein Gaumont Parnasse ?»

Pléthore de Couleurs à Noël !

Dans le sud-ouest parisien existe une petite maison partagée par la brune et la blonde.

Pendant la chandeleur, cette charmante bicoque se transforme en crêperie bretonne. A Pâques, les meubles débordent d’œufs en chocolat et de fritures. A Halloween, les toiles d’Araignées pullulent mais sans les Araignées parce que c’est péché. Enfin surtout, parce que ça fait peur. Bref.

Globalement, cette colloc’ change d’humeur et de couleurs régulièrement, mais en toute situation, fleure bon le vernis.

Ceci dit, pendant les fêtes de fin d’années, cette maison se pare de ses plus beaux atours et devient officiellement la maison du Père Noël.

La blonde et la brune en profitent pour se manucuriser les ongles encore plus que d’habitude !

Voyez plutôt :

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Les mains de la brune

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Les mains de la blonde.

Le point commun de ces quatre mimines est le vernis utilisé comme base : Jingle Bells de China Glaze (couvrant et magnifique en une couche !).

La blonde préfère la French pailletée de Noyel et la brune a réalisé une sorte de pèle-mêle de paillettes aux couleurs de Noyel, again.

Il est vrai que le mois de décembre est le mois rêvé pour la paillette et le bling bling. Ce qui est fou c’est la capacité de la brune et de la blonde à se fondre dans le décor de leur maison :

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Etes vous des NoyelManiac comme les colloc’ brune et blonde ?

Avez-vous été frappé de pleins fouet par l’esprit de Noyel ?

Nous espérons que oui !

Jingle bells.

Dans l’espace, personne ne vous entend renifler

La brune a une bonne crève. Le genre de crève qui en plus d’être assez pénible pour elle, est surtout très pénible pour les gens autour.

Reniflage, toussage, éternuage et parfois les trois en même temps. Pour passer inaperçue, elles vont au ciné (sa crève et elle) pour voir un film de science-fiction bien bourrin avec tout plein de bruits autour qui vont pouvoir masquer ces gémissements plaintifs et son agonie rhumale.

Sauf si…

Sauf si le film en question, s’appelle Interstellar.


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Interstellar est le dernier film de Christopher Nolan, alias Mr Inception et Mr Dark Knight. Comme son nom l’indique, ce film ne parle pas de complots politiques, d’histoire d’amour et d’agriculture éco-responsable. Encore que.

La brune doit bien avouer qu’elle a loupé les 10 premières minutes du film car elle attendait que la châtain trouve une place pour garer sa châtain-mobile. Mais peu importe, sur les 2h49 que compte le film, elle a plutôt bien compris de quoi il retournait.

Visiblement, l’histoire se déroule dans un futur proche qui ressemble étrangement au monde tel qu’on le connait actuellement à ceci près que les avancées technologiques sont devenues un luxe que plus personne ne peut se payer. La NASA a mis la clé sous la porte et le nouveau domaine à la mode c’est l’agriculture. A force de polluer et de croître toujours plus vite, l’humanité est en train d’anéantir la Terre pour de bon. La fin étant prévu pour la génération suivante, il est temps de faire quelque chose pour sauver ce qui peut être sauvé.

Cooper (Matthew MacConaughey) est un agriculteur qui n’aime pas l’agriculture. Et pour cause, c’est un ancien pilote d’astronef. Le meilleur. Des meilleurs. (Par soucis de clarté, la brune va faire quelques raccourcis qui empêcheront de spoiler la suite). Bref, le candidat parfait pour le genre de mission désespérée qui va suivre.

Michael Caine ou Prof. Brand ou Prof. Miles ou Alfred explique à Cooper qu’un trou noir s’est formé (ou a été formé) il y a, à peu près, 50 ans. Ce trou noir permettrait de rejoindre des galaxies excessivement lointaines et possiblement de trouver des planètes plus accueillantes. Il y a 10 ans, 12 astronautes ont été envoyés sur 12 planètes différentes pour évaluer la possibilité de vivre sur l’une d’elles. Sans succès apparent.

A présent, ils décident de réitérer l’expérience mais d’envoyer un groupe d’astronautes-scientifiques sur trois planètes. En gros, celles qui ont les meilleurs de stats de vie humaine. Cooper décide d’y aller pour sauver les générations futures et notamment celle de ces enfants. Il part avec la fille du Prof. Brand (Anne Hathaway) et deux autres scientifiques, Doyle et Romilly (Wes Bentley et David Gyasi), ainsi que des robots nommés TARS et CASE à bord du vaisseau surpuissant, l’Endurance.

Ils partent pour un voyage d’une durée indéterminée, tellement indéterminée qu’ils vont vite prendre conscience que la relativité du temps est loin d’être une légende urbaine.

La brune aimerait en dire plus, tellement plus, mais elle a, elle-même, évité de justesse pleins de spoilers avant d’aller voir ce film. Elle n’en dira pas plus sur l’intrigue, et sur ce qui pousse Cooper a aller dans l’espace, et sur la question de la gravité et sur la question de la survie de l’humanité, et sur la question de la vie en dehors de la Terre et sur la question de…. « AAAAAAAAAHHHHHH mais qu’est ce que je fais » se dit la brune. Elle venait d’écrire « tu ne spoileras point » et elle était juste en train de faire la liste de spoils potentiels.

Ne prenez pas la brune pour un jambon. Elle ne vous dira rien. Sauf si vous lui demandez.

Bref, ce qui ressort de ces 3h de film est un sentiment indéfinissable dans les minutes qui suivent le générique de fin.

La brune a eu l’impression d’être passée dans une essoreuse à salade. Le mélange d’images grandioses, de musiques quasi-mystiques, d’intrigues complexes, d’action, de suspens et de messages subliminaux la laisse pantoise. Ceci dit, il est vrai que « ne comprend pas le Nolanien qui veut ». La brune se souvient encore du visionage d’Inception avec le grisonnant et la brune-mère (Inception – Critique de la brune)… Pourtant, Nolan n’est pas un gars compliqué mais un gars qui veut parler de choses compliquées. Après il y a deux écoles : soit on considère qu’au cinéma, on est là pour se détendre et voir ce que peu de télé offre, un spectacle à bas prix, sur écran géant, soit on essaie de réfléchir deux secondes à ce qu’on vient de voir.

Concernant ce film, la brune choisit de ne pas choisir et prend les deux options. Divertissement et réflexion.

La brune n’est pas astrophysicienne et n’est pas une fondue des mystères de l’univers. Cependant, il y a visiblement une incohérence dans ce film qui est l’incohérence préférée des cinéastes qui veulent voyager dans le temps : Le paradoxe temporel. Il n’y aura pas de dissertation pour éviter encore une fois de spoiler, mais résumons notre problème par une phrase simple : Qui de la spatio-poule ou du spatioeuf est arrivé en premier ?

« Personne ne vous entend crier dans l’espace » est une phrase mythique de la saga Alien. Et bizarrement, elle a pris tout son sens dans Interstellar. Jusque là tous les films qui se passent dans l’espace, étaient des films bruyants. Aucun silence. Toujours un bruit de machine ou une discussion en arrière-plan qui venait casser la magie. Interstellar offre de vrais moments de silence où l’on se dit qu’effectivement, tu pourrais chanter du « Black Sabbath » à t’en casser les cordes vocales, ça ne changerait rien au fait que « Personne ne peut vous entendre ». Le jeu des sonorités est vraiment impressionnant dans ce film car à plusieurs reprises, une séquence musique se lance, un suspens insoutenable avec, et tout d’un coup, une explosion qu’on imaginerait assourdissante sur Terre, se transforme en une action violente, lourde de conséquences mais muette. Vu de l’espace, tout est silencieux.

« L’histoire : check, le cas Nolan : check, le ressenti post-visionnage : check, le paradoxe : check… Que reste t il ? Juste les acteurs et le compositeur. Juste »

La brune trouve que Matthew McConaughey est de plus en plus intéressant au fur et à mesure de ses films. En début de carrière, des films faciles, bien payés et qui te propulse sur le devant de la scène (comprenez des films de filles ^^ : comment se faire larguer en 10 leçons; hanté par ses ex; un mariage trop parfait, etc etc) et puis, une fois le compte en banque plein, il s’est mis à choisir scrupuleusement les films pour lesquels il avait envie de jouer (La défence Lincoln, Le règne de feu, Mud, Dallas buyers club, etc). C’est vraiment un bon acteur et avait amplement mérité son oscar en 2013. Ce qui n’est pas le cas de tout le monde. Anne Hathaway par exemple. Selon la brune, Anne Hathaway dans l’espace, c’est un peu comme Sandra Bullock dans l’espace. Donc ça marche quand c’est Matthew McConaughey, l’acteur principal, mais sinon c’est pas jo-jo, pardon. Sinon Michael Caine est officiellement l’acteur fétiche de Nolan. C’est confirmé ! Mais dans le même temps qui peut lui en vouloir de le faire tourner dans un max de film ? C’est un acteur de génie.

La brune aime la musique. Elle écoute de la musique au réveil, en se brossant les dents, en se maquillant, en allant bosser, en bossant, en rentrant, en faisant à manger, en allant aux toilettes. Bref, tout ça pour dire que la musique c’est la vie, enfin c’est sa vie. Donc le brune est amoureuse de plusieurs compositeurs, mais Hans Zimmer a été, est et restera son préféré. « Oui, il a un peu le nom du méchant dans Die Hard, and so what ? On en reparlera quand Hans Gruber fera du violon. Nanmého ! » La musique de Hans Zimmer est reconnaissable entre mille et est différente pour chaque film. Elle transporte, elle fait rêver, elle est magique. Et dans ce film, elle est mystique.

Bref, ce fut un grand moment pour la brune. Elle a aimé au delà de ses espérances et va pouvoir aller voir le chevelu qui n’est autre que son frère et lui dire :

« Va voir Interstellar. C’est de la bonne. »


Trois heures, 228 reniflements, 4 petites toux et un éternuement plus tard, la brune sorti du cinéma, un peu hagarde, comme quelqu’un qui sort d’un rêve et ne sait pas où se situent les limites du réel et du rêve.

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Cette année, Alexandre Astier nous apprend à lever les yeux vers le ciel et Christopher Nolan à les garder ouverts  (ou bleus).

Stamp your life !

La brune associe souvent sa manucure avec son état d’esprit. Des couleurs chaudes, un bien-être total, des couleurs fades ou froides, un petit moral.

Que dire d’un vernis noir ? Le noir n’étant pas une couleur, la brune se dit logiquement, que ce n’est pas bon signe. Une colère noire surement.

Heureusement, cela ne dure jamais longtemps, c’est pourquoi la brune ne peut se résoudre à laisser une manucure complètement noire. Elle aime y rajouter un stamping rempli d’espoir. Un stamping argenté, parfait sur ce noir d’encre.

Voyez plutôt :

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Du coup, une manucure très noire pour une humeur noire mais heureusement très vite masquée par une couche d’optimisme et de stamping !

Stamp your life !

Les p’tits torchons

« On en sort tout drôle, tout renversé. » Le Figaroscope –


La brune réfléchit quelques secondes à cette critique sans réellement savoir si cette phrase était positive ou négative.

En déplaçant sa souris de quelques centimètres, la brune s’aperçut que le Figaroscope avait noté 5 étoiles ce film. Plus d’ambiguïté possible, la critique est positive.

La brune est relativement d’accord : « On en sort tout drôle ». En revanche, le nombre d’étoile est une énigme pour elle.

« Essayons d’être objective » se dit la brune.

Les petits mouchoirs (Oui parce que c’est de ce film dont il est question) nous plonge dans l’univers d’un groupe de potes inséparables. Au tout début, Ludo est victime d’un accident de la route et est hospitalisé dans un état grave. Le reste du groupe de pote décide tout de même de partir en vacances ensemble en laissant leur ami entre les mains des médecins.

« Voilà voilà… ça c’est pour la partie objective. »

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Ludo (Jean Dujardin) est un pauv’ type, inconscient et junkie qui se paye un camion en sortant de boite. Ses meilleurs amis débarquent à l’hosto complètement paniqués à l’idée qu’il puisse mourir, puis décident assez logiquement de… partir en vacances sans lui pendant qu’il est « visiblement » entre la vie et la mort (Le mot « visiblement » est très important). Chouette idée les gars, de toute façon, au pire, il meurt ! Donc cette joyeuse bande de potos part en direction du bassin d’Arcachon pour trois semaines de repos et d’éclate. Pendant ces vacances, il y a des moments plages, des moments bouffes, des moments drôles et des moments engueulades. Des vacances à la plage avec des potes, quoi.

La brune n’a donc pas aimé ce film. Pour beaucoup de raisons. Beaucoup trop de raisons.

Premièrement et c’est un gros spoiler : comment Ludo peut mourir ? Autant au début du film, c’est chaud. il s’est fait renversé par un camion, on peut comprendre qu’il soit en bouillis à l’intérieur. Mais au fur et à mesure que le film avance et qu’on l’entraperçoit, on remarque qu’il va de mieux en mieux, mise à part sa figure qui ne s’arrange pas, il n’est plus branché, il a juste des bandages. Bref, finalement, il donne l’impression que tout va mieux. Et puis tout d’un coup, il meurt. BimBamBoum. GameOver. Si on y réfléchit bien, un peu à la manière de Marion Cotillard dans Batman ! ^^

Bref, deuxièmement, les personnages sont tous antipathiques. Qui aurait envie de partir en vacances 3 semaines avec eux ? Pire, qui aurait envie de partir en vacances puis de rester pote avec eux toute l’année qui suit ? Mais QUI ?

  • Max est un maniaque du contrôle, hyperactif. Il invite ses potes et surtout leur fait bien comprendre qu’il paye pour tout le monde, que ça lui coûte un bras mais qu’il le fait de bon cœur parce que quand même c’est un chouette copain. François Cluzet est très convaincant ceci dit !
  • Vincent (Benoit Magimel) est un ostéo-gay refoulé qui est tombé amoureux de max. Hyper-top-crédible.
  • Antoine (Laurent Lafitte) est le pire de la bande. Égoïste et immature. On a envie de lui foutre des tartes dès qu’il ouvre la bouche.
  • Marie (-on Cotillard) est une nana hyper perturbée qui visiblement a couché avec quasiment tous les mecs du groupe. Insupportable. Bon dans le même temps, il y a assez peu de films où la brune l’a trouve hyper bonne.
  • Eric (Gilles Lelouche), le poto qui ressemble le plus à Ludo. Instable, tricheur et pas fut-fut.
  • Véronique (Valérie Bonneton), la plus naturelle et la plus crédible et accessoirement la femme de Max.
  • Isabelle (Pascale Arbillot), la femme de Vincent. C’est sa seule fonction dans le film.

Comment font ils pour être amis ? Comment font ils ? Ils sont insupportables. Déjà séparément, c’est pas jo-jo, mais tous ensemble c’est n’importe quoi. Le seul qui est digne d’intérêt, c’est Jean-Louis, le local. Il a des réactions « normales » et n’hésite pas à aller voir son pote à l’hosto, alors qu’il est à plus de 600 bornes.

Je vois tout de même quelques points positifs :

Il y a deux ou trois scènes vraiment, vraiment drôles.

La musique est très sympa.

Dans un excès de lucidité, la brune comprend tout à coup pourquoi elle n’a pas aimé ce film. Ludo est un frère plus qu’un pote pour eux. Ils font tous partis de la même famille. Et il le laisse mourir seul. Comment on peut faire ça quand on aime quelqu’un si fort ?


« On en sort tout drôle, tout renversé, tout nauséeux. » Le Brune magasine.

Retour Nailesque

« Il est une légende qui dit que la Brune a des ongles extra-ordinaires.

Comme toute bonne légende, celle-ci a sa part d’ombre. En effet, la légende dit que la brune a des ongles magiques et que leur couleur est si belle que leur seule vision embellit votre vie. Mais personne n’aurait encore jamais vu la vraie couleur de ces ongles. »

Malheureusement, c’est loin d’être le cas. La brune a des ongles tout à fait ordinaire et leur couleur n’est ni belle ni laide. Mais évidemment, et comme beaucoup de jeune femme de son âge, ses ongles deviennent magiques et extra-ordinaires dès lors qu’elle les peinturlure selon la couleur de son choix.

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La brune a décidé cette fois d’assortir sa manucure avec ses « superbes » chaussons, laids mais chauds !

Ne sont-ils pas magnifiques ? ^^

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Bref, la brune est super classe en toute occasion.

Les Suites : Pour ou Contre ?

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« Les films qui ont 5 ou 6 suites, moi ça m’énerve. Comment étaler la confiture jusqu’au bout de la tartine ! Bah tiens, c’est un peu comme Retour vers le futur. »

La brune qui buvait son thé doucement pour éviter tout ébouillantage intempestif, failli s’étrangler avec sa gorgée.

« Pardon ? » dit la brune en maîtrisant sa langue en cours de cuisson.

« Bah oui, retour vers le futur… quel besoin avaient ils de faire deux suites ? Le deux était vraiment nul. Bon, le trois rattrape un peu mais globalement un film suffisait. »

La brune, sous le choc, n’eu pas beaucoup d’arguments, en dehors de : « Nanmého, tu ne peux pas dire ça, retire ce que tu viens de diiiiiiiiiiiiire. On ne touche pas à Retour vers le futur ! ».


« Les Suites, pour ou contre ? » Vous avez deux heures.

(Si seulement la brune avait eu ce sujet en philo…)

Les suites filmiques sont assez mal reçues en général. La brune se rappelle encore la discussion qu’elle a souvent avec le grisonnant (le père de la brune, suivez un peu !) à propos des Xmen. Il trouvait que l’histoire était super mais les suites de suites, les pré-quels de suites ainsi que la vie des grand-parents de Xmen commençaient à l’agacer sérieusement. Le grisonnant boycotte cette saga.

C’est donc assez étrange de se dire que cette même personne soit fan de Retour vers le futur, Rambo, Rocky ou encore Die Hard.

Ces sagas sont exactement du même tonneau que Xmen. Exactement ? Non, ce n’est pas la même génération. Ces sagas ont été conçues  dans les années 80-90. Epoque bénie du film d’action avec punchline comique et explosion à bas prix. A cette époque là, le grisonnant n’allait pas au ciné, et la brune encore moins (les enfants de 3 ans n’étaient pas forcément les bienvenus dans les salles obscures). Le fait est que le grisonnant et la brune ont regardé ces trilogies/saga ensemble quelques années plus tard à la Télé.

Les films d’une même saga sont indivisibles et forment une seule et même histoire. On peut statuer sur le fait qu’ils soient plus ou moins bien réalisés mais pas de leur légitimité. La brune prit un exemple débile pour illustrer son propos.

« La communauté de l’anneau, est vraiment un super film mais pourquoi faire deux autres films aussi long ? Nan franchement, Peter Jackson a étalé la confiture. »

Choquant isn’t it ? Mais pourquoi ? Parce que cette trilogie se base sur une oeuvre littéraire comprenant 3 livres. En gros, on ne peut pas critiquer le fait que 3 bouquins donnent 3 films. Car c’est une histoire en trois épisodes.

(On pourrait critiquer le fait de faire 3 films trèèès long à partir d’un tout petit bouquin mais ça, c’est une autre histoire)

Pourquoi ne pas accepter qu’une oeuvre qui se base sur une idée originale non littéraire ne peut être développée en plusieurs films ?

La série est le nouveau média à la mode ces dernières années. Facile d’accès avec une récurrence hebdomadaire, les séries font de nouveaux addicts tous les jours. Les séries débutent par une idée, une seule et peuvent durer plus de 10 saisons, donc 10 ans. La brune a du mal à comprendre comment on peut aimer les séries et ne pas aimer les suites de films.

NCIS est une série qui en est à sa 12ème saison, donc 12ème année de vie. Heureux hasard des choses, c’est la série préférée du grisonnant. Cette même personne qui déteste les suites, mais « suit » avec beaucoup d’assiduité les quelques 250 épisodes que compte NCIS. Chaque épisode est comme un nouveau film à part entière. Le meilleur exemple de cette hypothèse est la série Sherlock. Comme son nom l’indique, cette série raconte l’histoire des enquêtes de Sherlock Holmes mais de nos jours. Chaque épisode dure 1h30 soit, grosso modo le temps d’un film. Sachant qu’il y a 3 épisodes par saison et 4 saisons, cela fait 12 films sur le duo Sherlock-Watson.

Cela fait beaucoup de films, non ? Et pourtant, c’est également une série que le grisonnant affectionne particulièrement. Tout est une question d’étiquette. Est ce que si on s’amusait à dire que Xmen ou Retour vers le futur sont des séries, y aurait il moins d’avis négatifs sur les suites.

Bref, tout ça pour dire que les suites sont vos amies, il faut les aimer aussi.

PS : soit dit en passant, Retour vers le futur est une saga bien contruite, très drôle et emblématique de la fin des années 80-début 90. Leur vision du futur nous as transporté et nous espérions tous secrètement que notre futur se rapprocherait de celui de Hill Valley.

Qui est là ?

« Qui est là ? Il y a quelqu’un ? »
C’est d’ordinaire une phrase stupide prononcée par une brune qui se promène (seule) dans une maison hantée où la seule chose qui l’attend est une mort certaine.

« Si il y a quelqu’un, sachez que je suis armée, et pas seule du tout, ah ça non ! »
Deuxième tentative désespérée de la brune pour attirer encore plus l’attention de son prédateur. Ses démarches successives ont pour seul effet de permettre une géolocalisation parfaite pour son bourreau. Elle est armée de son Iphone jumelée avec l’application Torch qui lui permet de voir au moins à 50 cm devant elle.

La brune s’enfonce inexorablement dans la maison et au cours de sa visite, prends conscience que la maison est en bordel. Pas juste, mal rangée, c’est le bronx. Il y a des objets partout qui traînent et l’empêchent même d’avancer. Elle tombe ainsi sur un Oscar taille réelle avec son revêtement doré tout élimé. En s’approchant de la statue, elle remarque que cet Oscar est allongée dans une flaque de sang rouge framboise. Donc cette statue aurait pissé le sang ? « Bien sur ma fille, c’est la seule explication logique. Faut arrêter de respirer la farine, ça fait des grumeaux. » Puis tout d’un coup, tout s’éclaire, une bouteille de vernis de la même couleur que la flaque de sang, est renversé à côté de la statue. Cela n’est toujours pas très logique mais explique en partie la scène de crime cinématographique. 
Ceci dit, la brune ne comprend toujours rien à ce désastre. Elle incline son portable vers la droite et observe le carnage, des places de cinéma non utilisées jonchent le sol figées dans une énorme autre flaque de … « vernis ? », suppose t-elle. En effet, la flaque est turquoise, encore plus louche que le rouge-framboise. A sa gauche, des affiches cinés sont réduites en confettis, ça et là. On reconnait quelques têtes d’affiches.

« J’aurais jamais du écouter Braï-âne, c’est vraiment trop flippant ici. » Elle tourne les talons et se retrouve alors, nez à nez avec une affiche déchirée sur laquelle se trouve le Joker, l’adversaire légendaire de Batman. Une fois le choc passé, la brune se met à inspecter cette affiche. Quelque chose cloche. Mais quoi ? N’importe qui aurait trouvé bizarre qu’une affiche puisse léviter dans les airs sans autre forme d’explication, mais pas la brune, non. Ce n’est pas ça qui la choque. La vérité est ailleurs. Dans son souvenir, le joker est un personnage charismatique qui sort régulièrement des punchlines d’enfer qui résonnent encore quelques minutes après avoir été prononcées.
« Why so serious ? » ou encore « Let’s put a smile on that face ! » Bref, des trucs qui annoncent quelque chose de flippant.
Les phrases inscrites ici n’ont rien à voir cela. Elle peut y lire : « On rigole, on rigole, on voit pas le fond du bol », « Ouvert ou bleu, hein ? », « A un moment donné, les résultats, il faut qu’ils sortent ! » (bon d’accord, ça c’est flippant), « Porter le gilet, sauve le poulet », « ça pique, ça lance, derrière ça repique et ça relance trop d’la vie, quoi ! ». 
La brune continue de lire ces phrases sans vraiment comprendre. 

« Alors la moule, on est loin de la mer ? ». La brune pensant avoir parlé tout haut, s’étonne tout de même de cette voix gutturale sortie de nulle part. Elle cherche du regard la personne qui aurait pu prononcer cette phrase, mais n’aperçoit personne. Son regard tombe à nouveau sur l’affiche et comprend que le joker vient de s’adresser à elle. 
Après avoir pensé très fort, qu’elle devrait arrêter la picole de manière définitive, le personnage couché sur papier glacé s’adresse de nouveau à la brune. « Bah quoi ? Tu n’as jamais parlé avec un personnage de fiction joué par un acteur décédé ? 
« Euh bah non en fait ! Et comment tu m’as appelé ? »
« La moule ! C’est drôle, non ? Je te rassure c’est pas de moi. Je ne suis pas fait pour faire rire les gens mais j’entends cette phrase souvent en ce moment alors je la reprends. »
« Ok ok, c’est passionnant, mais quel est cet endroit ? J’ai reçu un papier avec écrit cette adresse URL, « souviens toi l’année dernière », donc je me suis pointée, mais rien à faire, je ne me souviens de rien. »
« Ouais c’est ce qu’on se disait » dit le Joker.
« Mais qui c’est « on » ?? »
« Patience, la Brune, tu vas comprendre. Je suis là pour t’aider à te rappeler, pour que tu arrêtes d’oublier. Suis moi. »
La brune ne comprend rien à ce qui lui arrive et pense vraiment qu’elle sombre dans la folie. Elle s’imagine rester bloquer dans cette demeure sinistre avec pour seul compagnon, un clown terrifiant et irréel.
La brune perd un peu patience et demande au clown : « Mais qu’est ce que je fais là ? »
« Ce n’est pas la bonne question. »
« Qui êtes vous ?
« Ce n’est pas la bonne question. »
« Comment vous vous êtes fait ces cicatrices au visage ? »
« Bah en fait, ça dépend, des fois je dis que c’est mon père qui m’a fait ça, des fois… euh merde, non : ce n’est pas la bonne question. »

La brune, ravit d’avoir piégé le clown, médite sur sa prochaine question en espérant que ce soit la bonne.

« Qu’est ce qu’il s’est passé ici ? »
« ça c’est la bonne question. »
Après plusieurs minutes de silence, la brune reprend : « Du coup, j’ai posé la bonne question et vous ne répondez toujours pas ? Bon bah, je vais pas vous déranger plus longtemps, vous devez surement avoir des tas de choses à faire, des gens à effrayer, une maison à ranger, toussa toussa. »

« Nan, mais c’était pour mettre du suspens. De la solennité. »
« Oui, bon, je suis suspendue à vos lèvres et je suis solennelle, parlez ou je me casse. »
« C’est chez toi. »
« Ouais ouais, je sais que je suis bordélique mais là ça frise l’insalubrité quand même. »
« C’est chez toi »
« Sans déconner, parlez où ça va mal se mettre ! »
Quelques secondes après avoir prononcé cette phrase, la pièce se mit à trembler et un poster presque intact sorti des décombres et s’approcha de la brune. Elle avait beau cligner des yeux à la vitesse de la lumière, ce qu’elle voyait la paralysait sur place. Le poster représentait Alexandre Astier en costume du Roi Arthur, emblème de la série Kaamelott. Sur ce poster, Arthur avait l’ai en pétard contre Perceval.
« Pour changer », pensa très fort la brune avec un début de rictus. 

« Souviens toi, c’est chez toi. » dit le Joker avec une voix désenchantée.

« Oui ? 
Vous avez l’air de penser qu’en restant mystérieux, je vais tout piger d’un coup, mais vous voyez bien que je rame, alors aidez moi ! « 

« Si je te dis Tom Highway, tu me dis ? »

« Facile, ‘Je vais t’arracher le chou et te chier dans le cou.’ Beaucoup trop facile. »

A l’instar, du poster de Kaamelott, un second poster sorti du bordel général qu’était ce salon. Sur cette affiche, on voyait très clairement Clint Eastwood en costume de Marines qui engueulait ses recrues. Tom Highway est le maître de guerre.

« Roooo la vache ! A chaque fois que je cite un film, Son affiche vient se planter devant moi. Truc de ouf ! »

« Est ce que tu commences à comprendre ? Jeune padawan amnésique. »
« Je sais, je sais ! Star Wars ! ‘Quand 800 ans comme moi tu auras, moins en forme tu seras !' »
Plusieurs posters, ainsi que des livres et des DVDs se mirent en marche vers la brune. Un livre (le retour du jedi) qui était à la traîne accéléra la cadence et se cogna contre le Joker.*

« Ouuutch, tu peux faire attention oui ? J’ai dit padawan comme ça, sans penser à star wars, comme j’aurais pu dire ‘petit scarabée’ et … »
« Ah oui petit scarabée, ça vient de karaté k.. »
« Ta gueule ! ça va, j’ai compris que tu avais compris. Mais est ce que tu as compris pourquoi chaque fois que tu cites une oeuvre, elle te revient en pleine face ? »
« Parce que je suis une super-héros qui s’ignore et qui va conquérir le monde, hein minus ? ‘ah ouais Cortex, tu as raison !' »
A la suite de cette phrase, la télé s’anima et le générique de Minus et Cortex se mit en route.
« Ouaaaah, j’suis vraiment trop balèze ! »
« Hey la Brune, tu veux pas arrêter de parler en citation 2 min ? C’est sérieux, ce que je te dis là ! Donc non, tu n’es pas une super-héros. Au risque de me répéter : TU ES CHEZ TOI ! »
« … »
« Tout ce qui est ici est à toi et tu l’as entreposé ici, en attendant… »
« En attendant quoi ? »
« Ceci est une question intéressante. Cela fait un an et demi que tu n’as pas foutu les pieds ici. Cela fait un an et demi qu’elle a pris le contrôle de cette maison. »
« Mais qui ? »
« ELLE ! »

Le joker tourna les yeux vers un coin encore plus sombre de la maison où une créature était tapie dans l’ombre. 
« Qui est là ? » demanda la brune. Comme quoi, c’est vraiment sa phrase préférée.

« La loi c’est moi, et l’ordre. Personne ne rentre, personne ne sort » dit une voix féminine qui ne lui était pas inconnue.
« Pourquoi avez-vous transformé cette maison en champ de batailles de passion ? »
« Pour ton bien, Tu ne devais pas te déconcentrer de ton objectif. JAMAIS. POUR RIEN AU MONDE. Tu sais pourquoi tu as fait ça. » dit le voix féminine. 
La créature s’avança dans la lumière. La brune eut un cri d’effroi en reconnaissant cette chose. C’était une sorte de livre à taille humaine avec une couverture verte. Ce manuscrit de 200 pages avait fait la loi pendant 18 mois dans cette baraque et le pire c’est que cette chose était signée de sa main.

La brune se souvient de tout ; la thèse beaucoup trop prenante, ses passions délaissées pendant si longtemps et cette maison abandonnée. Pendant ce temps, la Thèse avanca, menaçante vers la brune.

La brune émit un cri déchirant : STOOOOOOOOP ! C’est fini, tu es rendue et soutenue, tu retournes sur mon bureau et tu arrêtes de faire la loi ici. Mes passions ont le droit de s’exprimer tout autant que toi, bitch !

Derrière, la brune, le Joker versa une larme et lança, dans un rictus machiavélique : « Let’s put a smile on that face ! AHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHA »


« Aaaaaaaaaaaaaaahhhhh !
Roo la vache c’était juste un rêve ? C’était si réel pourtant. » La brune ensommeillée, assise dans son lit, réfléchit à ce qu’elle avait fait de ses blogs. Rapide coup d’œil : 18 mois d’inactivité.

La brune se promit de remédier à cela et de reprendre l’écriture sur tout ce qui l’intéresse : le ciné bien sur. Mais aussi, les livres, la musique, le nail-art et pleins d’autres choses qui lui tiennent à cœur.

Ne plus oublier ce que l’on aime et qui l’on aime.
Jamais.

A très vite pour de nouvelles aventures avec la Brune…